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Standard - CSKA Moscou 2-0 le 03/11/1971

Publié le 20/10/2011

Coupe des Champions, 8e de finale retour, 03/11/1971

Aller CSKA Moscou - Standard 1-0

 
 



 
 
Standard 2 - CSKA Moscou 0 
Le Standard a magnifiquement rempli son contrat. Il a battu les Soviétiques de CSKA Moscou par 2 buts à 0 et assuré sa qualification pour les quarts de finale de la Coupe d’Europe.
Les champions de Belgique ont eu beaucoup de mérites à arracher aussi nette victoire, car l'équipe soviétique était solide et bien organisée, quoique beaucoup moins défensive qu'on ne pouvait s'y attendre. 
Le Standard a joué avec beaucoup de maturité. Il a remis son ouvrage sur le métier sans s'énerver, jusqu'au moment ou il fit la décision après une heure de jeu. Van Moer et Cvetler furent les grands organisateurs de la victoire liégeoise; sans cesse ils ébauchèrent les attaques dont la répétition fit plier le CSKA. Si Sylvestre Takac a pris deux goals à son compte et si Henrotay aussi bien que Semmeling se sont énormément démenés, je voudrais mettre l'accent sur la prestation de Léon Dolmans, dont les progrès sont considérables depuis quelques semaines. Dolmans a fait preuve d'Une autorité remarquable, et il s'est affirmé aussi bon dans la partie défensive de sa mission que dans la partie offensive. Voilà qui aura dû faire rudement plaisir à Raymond Goethals qui s'apprête à le titulariser en équipe nationale. 
Un premier but superbe 
Comme il fallait s'y attendre, le Standard attaqua d'emblée à fond. Mais, chose assez  surprenante, les Moscovites ne prirent pas de précautions défensives spéciales. Ils jouaient comme à Moscou avec Chesternev comme dernier couvreur et deux joueurs de l'entrejeu venant prêter main-forte aux arrières. 
On sentait que les visiteurs visaient plus une occupation rationnelle du terrain qu'une défensive massive et désespérée. Et  chaque fois qu'ils en avaient l’occasion ils s’efforçaient de  faire progresser convenablement le ballon. . 
Mais le Standard était survolté. Il passa immédiatement la vitesse supérieure et mit le siège devant le but soviétique. Les champions de Belgique alternaient agréablement passes courtes longues, et passes longues, et leur changement de rythme désarçonnaient souvent une défense qui se révélait assez statique.
René Hauss avait vu clair en insistant sur la nécessité de faire circuler le ballon à ras du sol.  Les Soviétiques semblaient avoir bien du mal à se retourner, quand ils étaient passés en voltige. 
Le Standard connut une réussite rapide, une réussite qui allait lui permettre d'envisager la suite des événements avec une confiance accrue. A la 7e minute Roger Henrotay entra en possession du ballon au centre du jeu. Il sollicita immédiatement Semmeling sur la droite et «petit Léon '» déborda à toute allure, prenant son opposant direct de vitesse. A l'entrée du rectangle, il attira Voytenko et céda ensuite le ballon à Takac d'une passe transversale de toute beauté. 
Takac qui se trouvait absolument isolé, sur la gauche du but, put contrôler posément le cuir et ajuster un tir sans pardon. Le keeper n'y avait vu que du feu. 
Cvelter sur le piquet 
Ainsi donc le Standard avait annulé très vite l'avantage pris par les Soviétiques à Moscou. On repartait donc à zéro. Mais comme vous pouvez l'imaginer, les Liégeois ne se contentèrent pas de cela, ils ne se reposèrent pas sur leurs lauriers. 
Avec un Van Moer débordant d'activité, le Standard poursuivit son forcing. Mais si les défenseurs soviétiques s'étaient laissé prendre à froid ils n'en perdirent pas le nord pour autant. Et il apparut qu'il serait malgré tout assez malaisé de les surprendre à nouveau. 
Le gardien, pourtant, faillit bien devoir s'incliner une seconde fois à la 14e minute,. Ludo Cvetler, qui a de la dynamite dans le pied, fit une ouverture à une vingtaine de mètres du but adverse. Il tenta sa chance sans hésiter et son tir partit comme un véritable boulet de canon. Hélas, pour le gentil Cvetler, son shot s'écrasa sur le poteau avant de revenir dans le jeu. 
Emotion pour Piot 
A l'entrée du troisième quart d'heure, le Standard leva un peu le pied. C'était inévitable, il était impossible de soutenir une cadence aussi effrénée. Les Soviétiques en profitèrent pour se donner de l’air mais sans jamais mettre Christian Piot en danger.
Fedotov, l'international, évoluait en retrait pour orchestrer la manœuvre. Mais la progression, si elle était assez claire, manquait de vivacité, de spontanéité. Les Soviétiques récitaient une leçon bien apprise mais il leur manquait la flamme, cette part d'improvisation qui font les belles envolées. 
Un homme qui avait énormément de présence sur le terrain, c'était incontestablement l'arbitre ouest-allemand Schulenburg. Ce costaud n'était pas disposé à se laisser faire, non content d'exhiber la carte jaune, sous le nez de Beurlet, puis sous celui de Kpochine, il mit la main à la à la pate - si j'ose dire- en faisant reculer sous la pression de ses robustes bras un «mur) soviétique qui restait sourd à ses appels. 
Après le repos, les Soviétiques montrèrent des velléités très offensives. Après qu'une première attaque en ligne eut échoué de justesse, Doudarenko brûla la politesse à Jacky Beurlet et fila en direction du but. Christian Plot, très attentif, avait remarquablement anticipé et avait quitté sa ligne a toute allure. Il se jeta dans les pieds de l'ailier gauche soviétique an moment ail ce dernier shotait, Le gardien du Standard avait écarté le danger mais il restait au tapis, Fort heureusement, il y avait plus de peur que de mal et il put reprendre sa place après avoir reçu quelques soins. 
Takac encore, sur penalty 
Le match se poursuivit plus partagé qu'en première mi temps et à la 54e minute, Ko¬pechine évita, successivement Dolman et Pilot et décocha un violent shot que Piot - qui avait bien coupé l'angle - détourna en corner. 
Mais le Standard n'était pas disposé à se laisser manœuvrer. II repartit à l'assaut sous l'action de Léon Dolmans qui montait continuellement en ligne et semait le danger dans le flanc droit soviétique et sous celle Cvetler qui abattait également un travail considérable. 
A la 59e minute, le Standard trouva enfin l'ouverture. Sur un des nombreux centres de Dolmans, le ballon aboutit à Semmeling qui s'infiltra par le centre. Le capitaine liégeois arrivait en position de conclusion lorsque Chesternev le bouscula violemment et le projeta au sol. Le penalty était flagrant, M. Schulenburg l'accorda sans hésiter. La responsabilité de celui qui allait devoir transformer le coup de réparation était écrasante, Takac s'en chargea et d'un tir imparable marqua le second but qui qualifiait son équipe. 
II ne restait plus aux Soviétiques qu'à, attaquer à outrance, pour tenter de renverser la vapeur. Leur entraîneur jeta deux hommes frais dans la mêlée, Fodotov et Frelov étant retirés du jeu. Mais Louis Pilot veillait au grain et commanda sa défense avec sûreté. 
Mais le Standard n'eut garde de se reposer sur ses lauriers. Il ne commit pas l'erreur de se replier, mais poursuivit au contraire son forcing. L’attaque ne reste-t-elle pas toujours la meilleure défense? 
A 5 minutes de la fin, Takac fut blessé dans un contact et le jeune Johny Lambrichts eut ainsi la satisfaction de participer à son premier triomphe européen, 
Marcel DE LEENER 
 
REMPLACEMENTS: 82e min :Lambrichts remplace Takac. 
LES BUTS : 7e min : Takac sur centre de Semmeling (1-0); 56e min. : Semmeling est crocheté dans le rectangle et Takac transforme le coup de réparation (2-0). 
 
 
 
 
René Hauss : « Une victoire dans la collectivité »
 
Une ambiance folle régnait, on le devine, dans le vestiaire du Standard, après le match qui avait assuré la qualification des « Rouges», aux quarts de finale de la Coupe d'Europe des Clubs Champions. Mais chacun convenait que cela n'avait pas été facile. 
- C'est avant tout, a une victoire de la collectivité » souligna René Haus, Il fallait contrecarrer la puissance athlétique de nos adversaires. Nous devions attaquer par les ailes et éviter les balles aériennes trop faciles à intercepter, pour les Soviétiques. Nos joueurs étaient poussés par la soif de vaincre, Les Russes ont prouvé qu'ils manœuvraient très habilement. Ils ont remarquablement gelé le ballon. Le CSKA Moscou dispose d'une excellente équipe très difficile à jouer. Ces gens-là ont une technique de jeu remarquable !
Il y  a eu au Standard, une baisse de régime à un quart d'heure de la fin. Nos joueurs ont éprouvé de grosses difficultés à retrouver leur  vitesse de croisière, mais ils avaient tellement poussé, que ce passage à vide était inévitable. 
La défense du Standard a mérité un large coup de chapeau.  
Par ailleurs, le harcèlement que les Liégeois ont exercé sur leurs adversaires était absolument nécessaire. Il fallait aller rechercher le ballon dans leurs pieds, ils ne l'ont pas entamé à cent à l'heure, mais à cent cinquante. Mais évidemment• ils ont prouvé des difficultés à se remettre de cc départ foudroyant ». 
 
PILOT: Il fallait attaquer
Il fallait que nous attaquions. Nous savions que les Soviétiques étaient supérieurement organisés en défense. Nous les avons continuellement harcelés. C'est fou ce qu’ils ont l'art de conserver le ballon. Une hésitation aurait suffit pour qu'ils s'emparent de la balle et qu'ils relancent immédiatement l'offensive. 
 
SEMMELlNG: On voulait éviter les extra-times 
- Nous ne tenions pas à devoir disputer des prolongations. Nous avons réussi à Les, éviter, mais cela n'a pas été facile. Les Soviétiques ont une très bonne conception de l'occupation du terrain. Heureusement .nous avons très vite inscrit un but, A 2-0 les joueurs moscovites ont prouvé toute leur valeur en montrant qu'ils pouvaient faire autre chose que se défendre, Cette qualification du Standard me fait réellement plaisir Standard - Vestiaires 1 et 2- 
 
DEWALQUE: Nous avons souffert 
- Nous ayons terriblement souffert pendant le dernier quart d’heure. C’est normal. L'adversaire a alors tenté le tout pour le tout. Ce match m'a fait penser à notre rencontre avec le F.C. Brugeois, quand nous aussi, avons été terriblement harcelés, les Russes ont une très belle équipe. Elle est difficile à jouer, mais les joueurs sont très corrects. 
 
TAKAC: Etre maître de mes réflexes 
- J'ai pensé pendant tout le match que si je devais tirer un penalty. Il fallait absolument que je sois maitre de mes réflexes car j’en avais déjà ratés, Quand on placé le ballon sur le point j'ai cru que ce n'est pas moi qui devrais livrer le coup de réparation. Mais, j'ai lu dans les yeux de mon capitaine Semmeling que je devais prendre mes responsabilités. Alors, je me suis dit, Sylvestre, il faut que tu sois calme et tu marquerais. J’ai été calme et j'ai marqué ce deuxième goal qui a assuré la qualification de notre équipe. 
 
VAN MOER: Ce fut épuisant 
- C'était terriblement épuisant moi-même, j'étais sur tes genoux en fin de partie. C’est à ce moment-là que cela devient dangereux et ce moment-là, bien sûr c'est le dernier quart d'heure. 
 
LES SOVIETIQUES Le Standard est le plus fort 
C'était le silence, le mutisme le plus complet. On ne prononçait pas une parole dans le camp des joueurs du C.S.K.A. Moscou. Par le truchement d'un interprète nous avons obtenu l'opinion de l'entraîneur Nicho¬laev. Elle est élogieuse pour le Standard:  
- Le Standard a indiscutablement mérité sa victoire. Mais nous avons tout de même eu trois réelles occasions de buts. L'équipe avait mieux joué à Moscou. Ici, à, Liège elle a été désarçonnée par le jeu collectif offensif et spontané de l'équipe liégeoise. C'est une machine qu'il est difficile d'enrayer, 
René PIERRE. 
 
Les cinq dernières minutes…
 
C'est fait ! 
2-0, c'était le score idéal. La victoire du Standard, qui équivaut à la qualification en quarts de finale de la Coupe d'Europe, a été saluée à Sclessin par une immense vivat à l'image du spectacle que 36.000 personnes aussi enthousiastes que crispées avaient vécu pendant une heure et demie de football d'une intensité exceptionnelle. 
Ah, ces cinq dernières minutes ! 
On s'en souviendra longtemps. 
C'était comme si les aiguilles du chronomètre s'étaient arrêtées. 
Les Russes, jetant ce qu'il leur restait de forces avec un cœur admirable dans la plus désespérée des bagarres, essayaient de percer ce mur blanc qui se dressait, héroïque lui aussi, devant eux. 
Les mêlées se succédaient. 
Les champions' de Belgique, acculés devant leur gardien, dégageaient au petit bonheur, mais Piot n'était pourtant pas inquiété outre mesure, tellement il était bien couvert par cette forêt de jambes et de corps qui formaient le rempart le plus infranchissable. 
Quel suspense! 
Dans ce stade en folie, plus un seul supporter n'avait, sans doute, un «poil de sec» comme dit René Hauss quand il a vraiment eu chaud. 
Ces cinq dernières minutes ont tué. 
Derrière nous, au milieu de la tribune, un homme s'est effondré. ; 
Pendant que tous les autres chantaient «Allons les Rouges », il était en train de mourir malgré le calme de ses voisins qui se relayaient dans un  bouche à bouche émouvant 
 
En vain! Le malheureux n’avait pas supporté l'émotion de la victoire. La dernière émotion de sa vie. Une de ses plus belles peut-être. 
Le football est impitoyable ... Les brancardiers de Sclessin ont eu énormément d'ouvrage au cours de cette soirée inoubliable. Le Standard a souffert sur le terrain, mais ses partisans ont souffert tout autant sur les gradins. 
Mais n'allez surtout pas vous imaginer que les liégeois ne méritaient pas l'honneur de pouvoir continuer leur chemin en Coupe d'Europe. 
Au contraire ! Ils ont splendidement joué. Ce ne fut pourtant pas, seulement, le succès de la virtuosité. 
Ce fut aussi celui du sang froid. 
Il est bien évident que le public n'a pas toujours compris pourquoi les Standardmen, durant les vingt dernières minutes, essayèrent de freiner le jeu en abusant, semblait-il, de passes en retrait. 
Cela, c'est la Coupe d'Europe. 
On a un résultat, on essaye de le tenir jusqu'au bout. 
Au fur et à. mesure que les minutes passaient, les liégeois ne pensaient plus qu'à une chose: conserver ce 2-0 qui leur valait de pouvoir continuer leur chemin. 
Il est bien évident qu'à ce moment-là, les Soviétiques n'avaient plus autre chose à faire que d'attaquer à outrance. ils l'ont fait et c'est alors qu'on a vu que dans la défense aussi le Standard était véritablement dans un grand jour, même s'il y avait une incontestable fébrilité qui était assurément le signe même des événements. Il est difficile, il est impossible de bien jouer en Coupe d'Europe dans des conditions pareilles, seule l'horloge électronique du stade pouvait encore attirer l'attention des joueurs, les belles phases de jeu ne les intéressaient plus. 
C est cela, le football réaliste. On sait que le Standard dans ce domaine est passé maitre. C'est ce qui lui a valu, une fois de plus, de gagner et de faire parler de lui dans l'Europe entière. 
Raymond ARETS. 
 
 
 
 http://i.imgur.com/ubx33.jpg
 
 

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Le bilan de Luciano D'Onofrio

Publié le 01/06/2010

Le bilan de Luciano D'Onofrio, par Ben

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Son bilan est sportivement mitigé, très bon en terme de gestion financière.

Si on part du principe que la finalité d'un club de football de la renommée du Standard de Liège est de faire des résultats sportifs, les deux titres en 12 ans - et dieu sait s'ils étaient attendus et nous ont fait triper - sont relativement 'maigres'. L'arrivée d'un milliardaire, RLD, et d'un manager travaillant avec les plus grands joueurs, LD, ont fait naître bien des espoirs auprès des supporters. C'est humain.
A l'heure actuelle, qu'on le veuille ou non, il y a un goût de trop peu. Je pense que ce sentiment amer est renforcé par cette saison archi-décevante car beaucoup, et moi le premier, avons le sentiment qu'on a raté un tournant.
Ce tournant, c'étair d'assommer la concurrence pour de bon. Les dirigeants du RSCA devenaient hystériques, montraient leur vrai visage, ne savaient plus à quel saint-Guidon se vouer.
Nos joueurs prenaient une valeur incroyable sur le plan international, on allait disputer pour la première fois la CL, tout le club était à la hausse et Le Soir déplaçait la capitale du football belge à Liège.
Un an plus tard, que reste-t-il de tout ça à cause de flopée de choix sportifs complètement foireux ?
Tout est à recommencer, ou presque. Les apparatchiks de la FDR et proches de la direction ont beau fanfaronner que les bases sont solides, qu'on va repartir, etc. ... on vient de subir un solide coup d'arrêt au moment où on DEVAIT faire la différence avec la concurrence et s'installer dans la durée.
Et ça, perso, j'ai du mal à l'avaler, surtout dans le chef d'un dirigeant qui connaît le monde du football. C'est une grosse déception.

Et c'est là qu'on envient à "l'affectif" de LD, comme l'avait appelé ainsi Etienne Ethaire. On a beau être connaisseur, on n'en est pas moins homme... Et la proprension de LD à caser son limité de frère partout dans les structures du club est inquiétante, le pire étant de nous le ressortir comme T1 à tout bout de champ. C'est grave... Comme si le patron de l'écurie Ferrari mettait systématiquement son frère au volant du bolide à la place d'un pilote confirmé. C'est inexcusable, de l'entêtement ridicule au détriment de l'objectif final, les résultats sportifs.

Sur les autres volets sportifs, je ne m'attarderai pas sur les années d'import-export, les vieux chevaux sur le retour, la Portugal-connection et la politique des paris sur l'avenir, appliquée à géométrie variable. On en a déjà beaucoup disserté.

A côté du patron sportif, il y a le gestionnaire. Peu de choses à lui reprocher hein : sauve le club, budget en équilibre et en hausse, développement du merchandising, recrutement de PF qui, pour irritant qu'il puisse être, est une véritable machine de guerre pour le club, académie RLD, tire le maximum des transferts, etc.
J'aimerais juste que le gestionnaire soit parfois un peu plus supporter et se permette une folie mesurée pour son club. Il ne l'a pas fait alors qu'on pouvait tripler le titre et briller en CL. Tout est à refaire...


Ben, membre de la communauté Rscl.be
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Communiqué rscl.be suite à l'affaire Witsel/Wasilewski

Publié le 02/09/2009

Le malheur fait partie des aléas de la vie. Parfois, il frappe inopinément, au hasard. A d'autres moments, il est la résultante d'une série de facteurs plus ou moins aléatoires, d'une somme de petites choses qui s'accumulent et aboutissent à cet instant irréversible où tout bascule.

L'incident de dimanche soir appartient à cette seconde catégorie. Et les premières victimes en sont les protagonistes malheureux : d'une part, un sportif professionnel confirmé, au jeu rugueux dépassant parfois les limites du règlement, certes, mais qui ne méritait pas pour autant d'avoir la jambe brisée et, de l'autre, un jeune joueur propulsé au devant de la scène, érigé par tous en future étoile nationale et internationale, qui portera le fardeau psychologique de ce moment d'égarement coupable tout au long de sa carrière. Aucun d'eux ne souhaitait un tel drame, et tous deux vont avoir besoin du soutien de leurs proches et du petit monde du football belge dans son intégralité.

Et ce serait la moindre des choses, car nous sommes tous coupables, du simple supporter qui se réjouissait de la blessure à celui qui, aujourd'hui, cloue le fautif au pilori,

d'un entraîneur qui préfère les douze salopards aux sept samouraïs à l'autre qui se répand en sous-entendus malsains, sous couvert d'un humour ambigu, dans la presse depuis plusieurs années,

d'une presse que chacun voue aux gémonies, arguant de sa partialité au bénéfice de l'adversaire, mais qui entretient savamment la tension à grand renfort d'articles racoleurs aux titres provocateurs et d'une symbolique guerrière tellement éloignée des valeurs sportives,

de dirigeants qui se cachent derrière des boycotts ou des communiqués neutres pour ne sortir du bois que lorsqu'ils en ont envie à d'autres qui abusent des media pour masquer leurs manquements par une victimisation publique au lieu de s'adresser, en privé, aux personnes ciblées par leur ressentiment.

Et nous aussi, membres de communautés de supporters sur le réseau, qui participons à la déverse récurrente de moqueries, provocations et fiel électronique au nom d'une rivalité qui ne devrait rester que sportive, ne compter ni insultes, ni sectarisme nauséabond basé sur la couleur du maillot, ni délations impactant la vie privée des intervenants.

Ce climat électrique a trouvé, dans le match de dimanche, et plus particulièrement dans le bruit sec des os brisés, son apogée. Il faut que cela cesse avant que la relation actuelle ne devienne habitude, il faut revenir à une rivalité sportive saine qui permette à chacun de profiter de ses couleurs, sans en avoir honte, sans colère, sans crainte. Il faut pouvoir renouer dialogue et communication.

En ce sens, nous, rscl.be, faisons notre auto-critique, en espérant ne pas être les seuls. Pas pour que "cela n'arrive plus jamais", car ce n'est ni la première, ni la dernière, blessure grave inhérente au risque de jouer au football, mais pour contribuer à désamorcer le climat délétère qui s'est installé, à tous les niveaux, entre les deux premiers clubs actuels de la Fédération Belge.

Nous souhaitons d'ores et déjà beaucoup de courage à messieurs Wasilewski et Witsel dans les épreuves qu'ils doivent respectivement traverser et invitons les joueurs à ne plus franchir la limite qui sépare l'engagement sain et l'agressivité malsaine.

L'équipe RSCL.BE

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L'histoire d'un certain Standard-Everton vu et racontée par JeanPhi75 !

Publié le 02/10/2008

Hier j'ai annoncé un prono: 2-1 pour le Standard

Voilà le scénario: Everton qui ouvre la marque, plonge le stade dans la torpeur l'espace d'un instant, le temps que le kop rouche se mette à rugir pour pousser son équipe vers l'avant.

A peine quatre minutes plus tard, Jova slalome dans la défense des Toffees et se fait sécher dans le rectangle. PENALTY !

Dante et Defour veulent le botter, mais Jova leur prend le ballon des mains.
Il a son regard de fou malade qu'il est.
Le stade retient son souffle...

Jova s'élance... Tire...
Le gardien repousse le ballon mal placé, mais Jova a poursuivi son mouvement et canonne dans le plafond du but.

Le stade exulte, les drapeaux virevoltent, les chants reprennent de plus belle.

On a perdu Jova! Où est-il?

Ah! Le voilà qui sort des tribunes, brandissant une écharpe "Standard Champion".
Il court vers une caméra et montre son écharpe à des millions de téléspectateurs.
Tous les supporters Rouches qui sont devant leur petit écran lachent une petite larme de fierté.

C'est trop bon. Le scénario parfait. Everton a les jambes coupées par cet incroyable sursaut d'orgueil.
David Moyes découvre l'Enfer de Sclessin avec effroi.

Bölöni calme son groupe. Defour vient aux nouvelles. Lazslo et Steven sont les yeux dans les yeux.
Le mentor transmet ses conseils au jeune et valeureux capitaine.

Le reste du match est une série d'agressions caractérisées. Les cartons jaunes pleuvent.
L'arbitre a toutes les peines du monde à 'tenir' tout le monde.

Suite à un vilain tackle par derrière sur Witsel, Bölöni sort un pied de sa zone neutre.
Le 4ème arbitre vient le sermonner. Bölö a tôt fait de le renvoyer dans son 'cagibi'.

L'intensité du match est à son comble.
Les Toffees se font huer à chaque touche de balle et applaudir à chaque mauvaise passe.

Marouane Fellaini assiste impuissant à l'élimination de ses nouvelles couleurs, mais on l'aperçoit qu'il sourit.
La grand Marouane n'a décidément pas encore tourné la page Rouche...

A la 91ème, alors que les Blues tentent un dernier baroud d'honneur, Sarr anticipe une passe du capitaine d'Everton...

Momo remonte le terrain à grandes enjambées, Dieu et Jova partent comme des fusées, la défense des Blues est complètement dégarnie.

Sarr passe à Toama qui vient à peine de monter au jeu.

Toama fixe le dernier défenseur et se décentre légèrement.

Il lève la tête et donne un 'caviar' au ras du sol en direction de Jova et Dieu, tous deux esseulés à l'entrée du rectangle... Howard se jette au sol et tente d'intercepter le ballon qui lui frôle le bout du gant gauche...

La balle est passée...

Le reste semble durer une éternité...

Enfin, Dieu contrôle le ballon et s'avance vers le but vide.

Jova lève déjà les bras au ciel et court vers les tribunes en hurlant de joie...

Et d'une 'pitchenette' sans aucune puissance, Mbokani scelle le score à 2-1 pour les Liégeois.

Les Blues restent à terre. L'arbitre siffle la fin du match.

Les joueurs du standard se sont précipités vers le point de corner, où Jova et Dieu saluent les supporters.

Bölöni se lève de son banc, tout le staff se congratule, les flashes des photographes crépitent.
Chacun essaie d'avoir 'la photo' qui fera la 'Une' dès demain.
Les commentateurs télé profitent de cet instant pour reprendre leur souffle.

Aux interviews d'après match, Moyes le coach d'Everton et son stratège Arteta reconnaissent la supériorité du Standard: "Qualification méritée" disent-ils de concert.

Steven Defour saluera quant à lui "l'énorme prestation collective de l'équipe qui aura su franchir un nouveau palier à un moment où certains commençaient à douter de la fraîcheur physique du Standard"

Axel Witsel, auteur d'un match fabuleux confirmera que "les consignes du coach ont été respectées, on s'attendait à une grosse pression d'Everton en début de match. On savait qu'il fallait réagir et c'est ce qu'on a fait". Par rapport à ses récentes déclarations dans la presse, le jeune et talentueux Witsel répondra simplement: "comment voulez-vous que je quitte un groupe pareil?"

Le mot de la fin à Pierre François, heureux comme un soir de 20 avril: "Le Standard de Liège vient de franchir un cap, celui d'une certaine maturité. En l'espace de quelques semaines, ce club est passé de l'anonymat aux feu de la rampe en tenant deux fois tête à Liverpool, en battant deux fois Anderlecht et en éliminant Everton". A la question 'comment voyez-vous la suite des choses?' il répondra laconiquement: "je citerai Laszlo Bölöni lorsqu'il dit qu'en dehors du terrain nous respectons tout le monde, mais sur le terrain nous ne respectons personne. Que ce soit l'Ajax, le Milan AC ou le Galatasaray je peux vous dire une chose: ils seront bien reçus!"

JeanPhi75 membre RSCL.BE

www.rscl.be

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Les bonnes histoires de l'oncle Claro: à propos d'un certain Standard-Anderlecht

Publié le 29/11/2007

Le 5/11/1967, Standard - Anderlecht ( score final 0-0 ).
Debout : Julien Onclin, Nico Dewalque, Léon Jeck, Louis Pilot, Jacky Beurlet, Jean Nicolay
Accroupis : Léon Semmeling, Velco Naumovic, Roger Claessen, Milan Galic, Casimir Jurkiewicz.



A propos de cette photo prise en prélude du match Standard-Anderlecht du 5/11/1967, je tiens à préciser que j'ai assisté à cette rencontre. J'en garde un souvenir douloureux.

Le score qui sanctionna la partie ( 0-0 ) semble indiquer qu'il ne s'y est rien passé.
Que nenni ! Rien de plus faux.

Ce match est resté dans les annales en raison de l'incident le plus grave qui ait marqué le "classico" belge
( si on fait abstraction de l'expulsion de Roger Claessen en finale de la Coupe de Belgique en 1965 pour avoir soi-disant molester un juge de touche ).

Je vous raconte.

Le contexte : Anderlecht est champion en titre et aligne des joueurs prestigieux, tous internationaux à l'instar de Paul Van Himst. La rivalité entre les 2 clubs est exacerbée et au cours des jours précédant le choc, la presse répercute abondamment les petites phrases assassines que se lancent joueurs et dirigeants.

Le match :nous sommes le dimanche 5 novembre 1967 et le Standard accueille Anderlecht en championnat. J'ai 17 ans et je me trouve au centre de la T2 où toutes les places sont "debouts" à cette époque.

Sclessin est bondé comme un oeuf. Plus moyen de glisser un feuille de papier à cigarettes entre mes voisins et moi.
Comme pour toute rencontre entre les 2 ténors, l'ambiance est très "électrique" dans les gradins.
Sur le terrain, le match est dur, âpre et les duels sont épiques.
Le Standard, fidèle à sa tradition, a enclenché la furia et mène le siège face à un Anderlecht qui subit la pression, recroquevillé dans sa moitié de terrain.

Les vagues d'assaut menées par Claessen et cie défèrlent mais viennent mourir inlassablement sur la défense renforcée des mauves qui ploie mais ne rompt pas.
La tension est à son comble et l'arrière-garde ennemie est héroïque.
Tout le stade pressent cependant que le Standard va marquer tant Anderlecht souffre sous les coups de boutoir de l'armada rouche.

Survient alors l'incident ! Le Standard attaque vers le terril et obtient un coup de coin.
Les 33.000 spectateurs ont les yeux rivés sur Roger Claessen dont le jeu de tête est terrifiant. Léon Semmeling le délivre superbement de la droite.
Ballon aérien bien tendu au point de péno.
L'archange Roger s'élève au-dessus de la mêlée, rabat le ballon de la tête vers la base du piquet : 30 cm derrière la ligne fatidique. Goal !!!
Sclessin exulte et s'embrase comme un volcan en éruption ... C'est la folie, tout le stade tremble sur ses bases et je suis balloté dans tous les sens.
Puis, soudain, stupéfaction générale ... le jeu se poursuit : Cornélis, l'arrière gauche d'Anderlecht posté le long du piquet, a "extrait" le ballon de la cage et l'a dégagé. L'arbitre fait signe de continuer le jeu pendant que le juge de touche reste de marbre.
Les joueurs rouches ( Claessen en tête ) se précipite sur l'homme en noir. Sclessin, d'abord incrédule, éructe sa colère.
33.000 personnes ont vu le ballon pénétrer dans le but sauf 2 personnes ( Monsieur Fred Delcourt, l'arbitre, et son linesman pourtant idéalement placé au point de corner ).
Un véritable scandale !
Le match dégénère et l'ambiance, de houleuse, vire à l'émeute générale. Toutes les décisions de Fred Delcourt sont conspuées. Les noms d'oiseaux et les quolibets pleuvent depuis tribunes à l'adresse de l'homme en noir.

Celui-ci perd les pédales. Les duels "musclés" se multiplient aux 4 coins de la pelouse. Plus question de football dans de telles conditions.
Anderlecht fait le gros dos, arc-bouté devant son dernier rempart et arrache in extremis un nul inespéré.

Au coup de sifflet final, un parfum de guerre civile flotte au-dessus du chaudron de Sclessin, véritablement en ébullition.
Une bronca d'enfer accompagne Monsieur Delcourt jusque dans les vestiaires.
Il quittera le stade longtemps après la rencontre, par une porte dérobée et sous la protection de la gendarmerie.

Après le match, la polémique fait rage : goal ou pas goal ?
Mauves et rouches se déchirent à travers les médias.
Les images TV ( une seule caméra centrale ! ) ne peuvent trancher.

La vérité éclatera cependant le lendemain, le lundi 6 novembre, lors de l'émission "Lundi Sports" diffusée en soirée sur la RTBF. On y expose un cliché réalisé par un photographe du quotidien "Het Laatste Nieuws" qui révèle que le ballon a réellement franchi la ligne.

Cette photo sera publiée le mercredi suivant dans le magazine Sport 70 ( l'ancêtre de Foot Mag ) et fera exploser les tirages.

Pour ceux que cela intéresse, cette fameuse photo se trouve dans le livre "STANDARD, 100 ans de Passion" publié à l'occasion du centenaire de notre Club ( page 39 ).
Quand on examine minutieusement cette photo, on se rend compte que le juge de touche, vu sa position, ne pouvait pas ignorer que le ballon avait bel et bien franchi la ligne.

L'histoire retiendra aussi que, quelques années plus tard, et malgré cet antécédent funeste, l'arbitre de cette rencontre ( Fred Delcourt ) fut nommé président du CCA ( Commission Centrale des Arbitres ) soit l'instance suprême en Belgique au plan de l'arbitrage.

Vous avez dit "bizarre" ?

Claro, doyen de la communauté RSCL.BE (l'homme aux 8 titres)

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Réalités alternatives et subversives : mercato d'hiver 2006-2007

Publié le 26/01/2007

Calme. Peut-être même trop calme ce mercato. Depuis la vente d’Onyewu au club de Stoke City pour la belle somme de 1 million tout rond, il ne s’était plus rien passé à Sclessin. Luciano s’emmerdait un peu. Les 48 heures qui le séparaient de la date du 1er février étaient suffisantes pour signer encore l’un ou l’autre coup fumant. Mais il avait devant lui un gros obstacle : le Standard n’était que le 4e budget de la D1.

Ses réflexions maussades furent interrompues par un chapelet d’injures en portugais provenant du terrain d’entraînement. Sergio Conceicao furieux venait de jeter son maillot à terre et se dirigeait vers son ami Luciano : « J’en ai marre, je m’en vais », cria-t-il en italien à son « patron ». Luciano regagna son bureau. Ce petit incident allait certainement lui valoir la visite du Portugais une fois qu’il serait rhabillé. Une demi-heure plus tard, le capitaine du Standard sortait du bureau de la direction après avoir expliqué qu’il en avait assez des blagues vaseuses de Frédéric Dupré sur la soi-disante provenance du poil qui se promenait sur la langue de Deflandre. Sergio n’avait jamais apprécié l’humour flamand à sa juste valeur.

Luciano se frotta les mains, les affaires reprenaient. Il téléphona immédiatement à son nouveau contact marseillais. L’OM était en manque de leaders dans le vestiaire et de solution de remplacement sur le banc. Le nouveau président canadien écouta avec attention ce D’Onofrio dont Dreyfus lui avait dit le plus grand bien. Sergio l’intéressait mais il avait décidé de ne pas débourser de grosses sommes avant d’avoir réalisé un audit des comptes du club phocéen. Par contre, il pouvait proposer en échange un diamant brut de seize ans que le directeur du centre de formation marseillais considérait comme « le futur Cissé ». « Le futur Djibril Cissé ? », s’étonna Luciano. « Djibril ou un autre, il y a plus d’un Cissé et ils jouent tous plutôt bien au foot », répondit de manière évasive son nouvel ami. « Ok, affaire conclue ».

Le lendemain, l’échange faisait la manchette de toutes les pages sportives du royaume. Alors qu’il les parcourait d’un oeil distrait, Luciano reçut un coup de fil. « Chef, si Sergio s’en va, moi aussi. Je mets fin à mon contrat. Au revoir ». Sacré Rapaic. Luciano savait bien que le Croate était en contact avec plusieurs clubs quataris. Qu’il aille seulement profiter d’une retraite dorée, il l’avait bien mérité. Luciano l’assura que le Standard ne le poursuivrait pas pour rupture de contrat. De toute façon, il avait des solutions de rechange à gauche et cela faisait plusieurs semaines qu’il enrageait de voir Matias toucher son salaire à ne rien faire. Il était gaucher, il avait une bonne frappe, il ferait l’affaire. Bien sûr, la solution idéale aurait été de faire jouer Jovanovic à cette position mais, depuis un quart d’heure, le Serbe était propriété du PSG qui avait le forcing pour le faire signer.

Et puis, Luciano avait une autre idée en tête. Avec les salaires de Conceicao, Rapaic, Jovanovic et Onyewu en moins, il pouvait se permettre une petite folie dont il rêvait depuis un an. Ne lui manquait plus que trois millions. Mais il hésitait encore. Il décida alors de suivre le bon conseil de son frère Dominique : jouer à pile ou face. C’est en composant son équipe de cette manière que le petit avait failli devenir champion. Pile. Le sort avait décidé. Il sortit le GSM de sa poche : « Allô Herman, c’est Luciano ». L’Anderlechtois faisait un peu la gueule depuis qu’Onyewu lui avait échappé mais il sentit que les relations entre les deux clubs se réchauffaient à nouveau lorsqu’il lui proposa Defour et Fellaini pour trois millions. Herman pouvait même garder Leiva qu’il proposait en gage d’amitié. Encore un coup de fil en Grèce et ce mercato serait divin.

Une fois celui-ci donné, il convoqua dans son bureau « le vendeur de papier », surnom affectueux qu’il avait donné au rédacteur en chef de la Meuse. « Rivaldo arrive pour signer son contrat de six mois », lui annonça-t-il de but en blanc. « Je me suis arrangé pour qu’il t’accorde une interview de dix minutes. En échange, je te demande juste la Une de ton journal. Avec un titre du style : Le Standard a toujours été le club de mon coeur. En caractères rouge et blanc, bien sûr. Demande aussi à ton journaliste d’insister sur le fait que les deux jeunes étaient de toute façon des mercenaires qui attendaient la première occasion de partir dans un club où ils seraient mieux payés. Le 4e budget du championnat ne sait rien faire contre cela. »

Au restaurant le soir, lors du dîner d’adieu de Conceicao, il rigola de bon coeur en expliquant aux autres la tête du vendeur de papier lorsqu’il lui annonça la nouvelle. Luciano ne savait pas encore que son club chéri ferait deux fois de suite la Une de tous les journaux. Le 2 février, c’est une photo de Lukunku, barrée d’un bandeau noir, qui se retrouvait sur les comptoirs de toutes les librairies du royaume. Les différents articles expliquaient tous que, selon des sources bien informées, le décès du « sympathique Ali » avait toutes les apparences d’un suicide. L’attaquant français semblait s’être donné la mort d’une façon atroce : il avait avalé des dizaines de paquet de petits beurres au chocolat, son péché mignon, et était mort étouffé. Très choqués, ses coéquipiers évoquaient l’étrange attitude d’Ali lors des entraînements du 1er février. Il aurait répété à plusieurs reprises qu’il ne se sentait pas de taille pour le défi qu’on lui proposait : devenir le remplaçant officiel de Rivaldo. Ali supportait mal la pression, c’était bien connu dans le milieu.

Scal, membre de RSCL.BE

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Les bonnes histoires de l'oncle Claro : Roger-la-Honte

Publié le 26/01/2007

"J'ai fouillé dans ma mémoire ( et l'une ou l'autre archive ) pour vous raconter cette terrible soirée qui a contribué à faire de Roger Claessen, le mythe qu'il est devenu.
Je plante le décor : nous sommes en 1967 et le Standard dispute un 1/4 de finale de la Coupe d'Europe des Vainqueurs de Coupe.
Le tirage au sort nous a désigné un adversaire à notre portée : les Hongrois de Vasas Györ.
Au cours du match-aller en Hongrie, le Standard a été malmené, secoué dans un match tendu et âpre, le tout dans une ambiance plutôt hostile. Les Hongrois ont mené 2-0 jusqu'à quelques minutes de la fin, avant que Léon Semmeling ne réduise l'écart : 2-1.
Le match-retour s'annonce passionnant mais difficile, les tensions nées au cours du match-aller ne se sont pas encore totalement estompées.
Comme à chaque rencontre de Coupe d'Europe, Sclessin est plein à craquer ( 33.000 personnes ) et l'ambiance est "électrique". Je suis en T2, debout, et nous sommes tous serrés les uns contre les autres comme dans une boîte à sardines.
Le match ? Une véritable horreur !
Point de football ! Une véritable boucherie !
Le Standard piétine tant et plus devant une équipe hongroise qui joue à l'intimidation. Agressions répétées sur nos attaquants et en particulier sur Léon Semmeling qui passera sa soirée le nez dans le gazon.
Vasas Györ ? Ce serait comme qui dirait FC Lantin ( bien que Lantin n'existait pas à l'époque ).
L'arbitre, complètement "dépassé" par les événements, laisse le match "pourrir" et partir en brutalité totale.
Survient alors l'incident le plus grave de la soirée : Roger Claessen, qui allait toujours et en toute circonstance au combat, se fait retourner comme une crêpe. Mêlée homérique et début d'échauffourée autour de notre Roger qui gît à même le sol. Au cours de l'algarade générale, un joueur hongrois piétine ( volontairement probablement ) notre numéro 9.
Roger se tord de douleur. Les soigneurs font irruption sur la pelouse, on appelle la civière. Finalement, Claessen est évacué dans une atmosphère indescriptible, proche de l'émeute générale...
A ce moment du match, le score est toujours vierge 0-0, la qualification vers les demi-finales nous glisse tout doucement entre les doigts...et il ne reste plus qu'une mi-temps pour assurer l'essentiel.
A cette époque, si mes souvenirs sont exacts, on ne peut procéder à aucun remplacement en cours de match sauf uniquement en cas de blessure du gardien de but.
Le Standard doit donc terminer la rencontre à 10, sans son buteur attitré. Tout semble donc compromis. Une immense vague de résignation et de découragement s'est emparée du stade. La rencontre tourne de plus en plus au vinaigre au fur et à mesure que les minutes et les secondes s'égrènent.
Arrive ensuite l'incroyable : un joueur fait irruption le long de la touche et demande frénétiquement au reférée sa montée au jeu. Stupeur générale : c'est Roger Claessen ! A la fois admirable de cran mais pitoyable dans l'aspect : le bras en écharpe, complètement bandé et scotché contre le corps.
Je n'oublierai jamais l'ovation qui accompagna sa remontée au jeu.
A partir de cet instant, la partie changea d'âme et l'intensité monta encore de 3 crans. Le public et ses coéquipiers furent littéralement galvanisés par ce retour inopiné.
L'espoir renaissait subitement et l'on sentit tout de suite que quelque chose allait se passer.
Et, ce que tout le monde espérait, arriva : dans une X ème mêlée homérique devant le but hongrois, surgit de nulle part le Zorro blanc, le sauveur providentiel, Roger Claessen, pour enfin la mettre au fond : 1-0 !
La délivrance après la douleur...
Dès cet instant magique, Sclessin entra littéralement en fusion, je me sentis vibrer comme jamais, tandis qu'une onde de choc de puissance 9 sur l'échelle de Richter ébranlait la T2.
Le paroxysme !
Quelques minutes plus tard, dans une ambiance indescriptible, le Standard scora une seconde fois : 2-0 !
La qualification était dans la poche et le match ( j'allais dire le combat ) se termina dans l'euphorie générale.
Ce n'est que le lendemain, en parcourant la presse, que nous apprîmes, incrédules, que Roger Claessen avait disputé quasi toute la seconde mi-temps avec un bras cassé...
La légende s'empara de ce haut fait d'armes et cela devint à peu près ceci : "dans le vestiaire, le médecin du club voulut interdire à Claessen de reprendre part au jeu. Celui-ci s'en échappa après avoir avalé une grande gorgée de whisky pour calmer la douleur ...".
Je ne sais évidemment pas si ces faits de coulisses se sont déroulés scrupuleusement de cette manière, mais ce que je peux vous affirmer, c'est que ce soir-là, nous fûmes très nombreux à avoir eu les yeux humides en quittant Sclessin à l'issue d'un match à haute intensité émotionnelle et où nous sommes véritablement passés par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel ...

Sacré Roger, va ... toi qui nous regardes de là-haut, merci pour tous ces moments magiques !"

Claro, doyen de la communauté RSCL.BE (l'homme aux 8 titres)

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Les bonnes histoires de l'oncle Claro : Sylvester Takac

Publié le 26/01/2007

"Une petite anecdote qui me revient à l'esprit en marge de l'un de nos plus grands exploits : l'élimination du Réal Madrid au prestigieux Santiago Bernabeu.
Nous sommes en 1969, je suis étudiant à l'Université de Liège et déjà fou du Standard de Liège. Notre club tire un gros client lors du tirage au sort de la Coupe d'Europe des Clubs Champions : le Réal himself.
Début octobre, nous sommes une grosse centaine d'étudiants rassemblés dans un auditoire situé Place du 20 août à Liège, pour assister au cours d'Economie Politique de feu le Professeur Paul Lambert.
Paul Lambert est un vieux prof charismatique, proche de la retraite, qui entame systématiquement son cours avec 15 minutes de retard ( le quart d'heure académique ).
Ce jour-là, à l'heure habituelle de son arrivée, la porte s'ouvre et les quelques sympathisants rouges n'en croient pas leurs yeux : un petit bonhomme blond et quasi chauve vient de faire son apparition. Ce n'est pas le Professeur Paul Lambert mais bien Sylvester Takac, un joueur yougo, nouvelle recrue du Standard.
Nous nous pinçons tous mais il faut se rendre à l'évidence, il s'agit bien de Takac qui vient suivre le cours en élève libre.
Aussitôt le cours terminé, Sylvester s'éclipse comme il est arrivé, en toute discrétion. Impossible d'entamer une quelconque discussion avec notre idôle tant il est furtif, timide et discret.
Ce cérémonial va se poursuivre de semaine en semaine.
Takac est persuadé qu'il est là, totalement incognito. Pas un mot, pas un regard pour ses congénères étudiants.
En novembre, le Standard bat le Réal en match-aller 1-0 à Sclessin dans l'ambiance que vous pouvez deviner.
Takac est sur la pelouse et contribue à ce succès.
2 semaines plus tard, match retour à Madrid où le Standard s'impose 2-3 ( et oui les enfants ! ) au cours d'un match épique qui restera à jamais gravé dans nos mémoires. Sylvester, comme les 10 autres, a fait un match prodigieux.
Le surlendemain, cours d'Economie Politique.
L'auditoire est complet, comme d'hab.
Comme d'hab, la porte s'ouvre et notre petit bonhomme apparaît tel un voleur.
Et là, il s'est passé quelque chose d'incroyable : une poignée de students ont commencé à applaudir, le reste de l'auditoire a suivi et tout le monde s'est levé pour une standing ovation.
Sylvester, éberlué, a piqué un fard monstre, nous a salué en guise de remerciement, et s'est assis à sa place habituelle.
Au même moment, le Professeur Lambert est apparu et nous a remercié de lui avoir réservé un accueil aussi chaleureux.
Par la suite, nous n'avons plus jamais revu Sylvester Takac au cours d'Economie Politique."

Claro, doyen de la communauté RSCL.BE (l'homme aux 8 titres)

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Lettre mauve

Publié le 11/09/2006

Bruxelles, le 31 août 2006


Cher Robert-Louis (Canebière),
Cher Pierre (Sclessin-sur-Meuse),
Cher Lucien (B.P. Palerme, faire suivre Maison d'Arrêt de la Santé),
Cher MPH (Terrain d'entraînement à huis clos, faire suivre coiffeur "chez Josette"),
Cher Reto (jacuzzi, 2è gauche, Genève),
Cher Zinconnu Naméricain (Pays de la Liberté),

J'avais déjà pensé vous écrire il y a plusieurs mois pour vous remercier pour votre courtoisie du printemps dernier, qui nous avait permis d'obtenir un titre inespéré au terme d'une saison lamentable.

Avoir maintenu une sélection débile sur le terrain, entre les mains du carossier, était une riche idée. Votre dernière venue chez nous fut particulièrement amusante, j'en ris encore.

J'avais de même, eu la plume en main il y a quelques semaines pour vous exprimer ma profonde gratitude pour la cession de Mémé à prix tout à fait concurrentiel.

Le petit s'adapte pas mal, pour l'attaquant apparemment surnuméraire qu'il était chez vous, il mange bien, dort bien, et claque des caisses à tout va.

Vos débuts à Lokeren et contre Charleroi avaient également été divertissants, dès lors qu'ils nous avaient révélés l'impact de vos nouveaux transferts, particulièrement cocasses. Entre mon petit poney Matias, le petit krolé Coelho, et le digne successeur de Runje, je dois dire qu'on était servis.

Seulement voilà, maintenant, j'ai moins envie de rire.
Le Mauve acharné que je suis aime à rire d'un Standard qui perd, mais comme tout type d'humour, l'excès lui est parfois nuisible. Et là, ce n'est même plus marrant. Franchement.

Ce qui fait le jus de ce sport, pour Mauves et Rouches, c'est entre autres notre rivalité ancestrale, l'esprit de compétition, les conversations avec le premier café le lundi matin au bureau, les bières échangées avec des potes "d'en face", les sourires narquois à l'issue d'un Studio 1, et autres piques et vannes amicales.

Le tout forme ce que l'on appelle le folklore.

Désormais, et je présume pour toute la saison, tout ceci est mort et enterré. Trop is te veel.
En décridibilisant le Standard au-delà de toute limite décente, en le dépouillant de ce qui faisait son charme, en lui imposant des brêles de 4ème zone, si possible trentenaires et portés sur les sardines, vous avez tué notre adversaire préféré.

Il est coutume de dire que le Standard n'est pas un club comme les autres.
Mais désormais, ce n'est même plus un club, c'est juste un cloaque sinistré, un cadavre d'une D1 en perdition, un nom, marque déposée certes, mais qui n'a plus de sens, plus d'aura, et plus d'écho.

En vidant les caisses et l'âme du Standard, pour les bonnes oeuvres de repris de justice qui osent encore porter un titre d'administrateur, vous avez également tué NOTRE plaisir du jeu, à tous, et une grosse partie de l'intérêt de cette saison, alors même que les feuilles ne tombent pas encore.

Non contents d'avoir spolié des milliers de supporters Rouches, en leur faisant gober des promesses aussi baudruchiennes que la panse de Johan Boskamp avant la clôture d'abonnements désormais bien amers, vous spoliez également tous les amateurs de foot de ce pays.

Quel intérêt à un Anderlecht-Standard avec 13 places d'écart au classement? Quel sel reste-t-il pour le supporter Rouche, Mauve ou neutre, d'une confrontation aussi disproportionnée qu'elle le serait si elle intervenait ce week-end?

En tuant un Standard qui renaissaît quelque peu, vous avez tué l'envie du foot dans ce pays, qui devra une fois de plus se contenter d'un slow langoureux entre Bruges et le Sporting, et d'une lutte passionnante pour la relégation entre le Lierse et Beveren.

En synthèse, au lieu de vous écrire merci avec un sourire en coin, je suis malheureusement amené à vous demander de vous regarder dans une glace propre, et de vous interroger sur votre fierté éventuelle du travail accomplis.

Le seul geste digne qui vous reste serait de démissioner, et de laisser la place à des individus honnêtes, compétents, et dont le seul objectif est le bien du Standard.

Pour le bien de toute la Belgique.
Pour l'espoir d'un football qui vit.
Pour notre plus grand plaisir à tous.

Mauveboy

Un supporter Mauve comme beaucoup d'autres

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Beveren

Publié le 12/09/2005

Hier soir, on a joué contre Beveren. Vous savez, Beveren, c’est l’équipe où il n’y a que des Noirs (enfin, sauf un, mais à mon avis, c’est un Blanc qui aurait bien voulu être Noir, un peu comme Bernard Lavilliers, Eric Clapton ou Eminem quoi). Nous, on s’est dit que c’était des Noirs comme Bangoura : des grands, qui sautent super haut, mais qui ne peuvent pas réussir un contrôle avec autre chose que la poitrine et surtout qui ne savent pas marquer de buts sauf quand ils en ont déjà deux d’avance. Ben finalement non, à Beveren, ils ont trouvé des Noirs qui font exactement l’inverse de Bangoura : des petits, qui sautent rarement, mais qui font ce qu’ils veulent avec une balle et surtout, qui la mettent dans le but dès qu’ils en ont l’occasion. Sans prévenir. C’est sournois, un Beverenien.



Du coup, on a perdu 1-3. Moi, à voir les premiers matches, je me disais que soit on allait continuer à gagner, mais en jouant mieux, soit on allait continuer à jouer comme le SV Diksmuide et que fatalement, on allait ramasser. On a donc ramassé. Pourtant, on aurait pu les battre, les Beverenais. Après tout, ils étaient avant-derniers avant de venir chez nous.



Leçon n°1 : prendre la balle à l’adversaire. C’est plus facile pour marquer des buts, et ça les empêche d’en marquer. Pour ça, il faut qu’un joueur essaye de prendre la balle pendant que les autres coupent les angles et même parfois, ils peuvent aller aider le premier, celui qui essaye de prendre la balle, c’est pas interdit d’essayer à plusieurs. Exemples : Standard-Anderlecht (vous avez encore tous le match sur dvd ou vidéo), Standard-Bilbao (mais là, ce sont les joueurs en bleu qu’il faut regarder, évidemment, et il faut aussi avoir un ami basque pour qu’il vous prête la cassette du match).



Leçon n°1 bis (pour les utilisateurs avancés) : ça marche encore mieux quand on le fait dans la moitié de terrain de l’adversaire, parce qu’on doit moins courir après pour atteindre le goal où on doit mettre le ballon (voir leçon n°2).



Leçon n°2 : marquer des buts. C’est assez rare que l’adversaire nous donne le ballon aux alentours du point de penalty. En général, il faut remonter tout le terrain, et c’est vachement grand. Et puis parfois, comme hier soir, on joue contre des joueurs qui ont déjà appris la leçon n°1, voire la leçon n°1 bis (quand je vous dis qu’ils sont sournois). Le plus facile alors, c’est de taper dans la balle pour qu’elle arrive près du rectangle adverse (voir n’importe quel match du Standard de ces quatre dernières saisons). Mais ça, ça marche bien quand il y a Emile qui court, et pour le moment, c’est en Allemagne qu’Emile se sent ouske c’est chez lui. Donc faut faire autrement. C’est là que ça se corse, parce qu’il faut faire des passes (ou alors on fait signer Maradona, mais il fait de la télé maintenant, comme Benoît Thans, sauf que Maradona invite des actrices italiennes à forte poitrine dans ses émissions alors que Benoît Thans pas).



Pour faire des passes, il faut que des partenaires se démarquent, et ça, l’air de rien, c’est super dur parce que c’est l’inverse de la leçon n° 1 : faut s’écarter le plus possible des joueurs adverses et courir dans tous les sens parce qu’ils essayent de rester près de vous. Hier soir, on a fait les leçons dans le désordre. Quand il fallait prendre la balle aux Beverenégiens, on courait dans tous les sens en essayant de les éviter, et quand il fallait remonter le ballon, on s’accrochait au premier short jaune et bleu à proximité.



Après les passes, c’est pas encore fini parce qu’il faut marquer le but alors que tous les joueurs adverses essayent de vous en empêcher. C’est là qu’intervient le médian offensif. Le médian offensif, c’est un mec super balaise qui voit tout et qui sait faire des passes que tout le monde est surpris, sauf l’attaquant qui va marquer le but. Genre Zidane ou Zetterberg. Mais c’est rare, les médians offensifs, et surtout c’est super cher et il n’y en a pas beaucoup qui veulent venir jouer chez nous. Déjà, avec les ailiers croates, on a du mal, alors… Donc, quand on n’en a pas, comme nous, on peut aussi mettre un mec qui sait faire des dribbles, parce que ça fait paniquer la défense adverse et là, les attaquants peuvent se retrouver sans plus personne pour leur tenir la vareuse. Au Standard, on en a même deux des comme ça, mais hier soir ils étaient sur le banc. Rapport à leur valeur marchande, il paraît. A la place, on a encore eu Geraerts. Geraerts, ça sonne comme Gerets, mais à part ça, rien à voir. C’est un copain au fils de Gerets, c’est peut-être pour ça qu’il est chez nous, pour faire chier Gerets. Sauf que Gerets s’en fout et qu’il est premier au classement de son championnat, lui. Geraerts, c’est aussi une somme de moitiés. Il est à moitié médian défensif et à moitié médian offensif. Il est aussi à moitié Diable Rouge, et à moitié Espoir. Avec quatre moitiés, on pourrait penser qu’on a un joueur complet et polyvalent, mais non. A mon avis, c’est parce qu’il est à moitié Curbelo et à moitié De Conde. Alors, il court en rond, mais on aime bien ça au Standard, les Limbourgeois qui courent beaucoup et qui ont le maillot tout mouillé après. Parce qu’on en avait plein avant : Gerets, Vandersmissen, Plessers, Poel, Daerden et tout ça. Ils ont gagné plein de trucs, il paraît. Ils ont même été champions, champions pour de vrai, et même pas en automne ou en hiver mais carrément à la fin du championnat, sans test-match ni rien. Mais comme médian offensif, ils avaient un Islandais, eux. Un super bon, qu’on m’a dit. A mon avis, il y a une raison.



Alors bon, pour marquer des goals, Conceiçao s’est dit qu’il allait refaire le coup du Lierse, quand il a voulu centrer et qu’il a raté, pour lober le gardien et mettre le ballon dans la lucarne. Du coup, hier soir, il a visé le premier étage de la tribune ou le gardien à chaque fois. Le problème, c’est qu’il ne s’est pas encore assez entraîné à rater ses centres et ses tirs, alors ils ont tous abouti, ben, au premier étage de la tribune ou dans les mains du gardien. Il est vraiment trop fort, Conceiçao.



La fois prochaine, nous verrons la leçon n°3 : comment jouer le hors-jeu. Et la leçon n°3 bis : comment jouer le hors-jeu avec Michel Garbini au back.



PS : contrairement aux rumeurs, Runje et Rapaic ne sont pas du tout fâchés. La preuve, Rapaic a donné ses chaussures à Runje quand il est parti. Le problème, c’est que Runje ne sait pas refaire ses lacets, lui, rapport aux gants. Alors fatalement, il glisse parfois.



PPS : toutes mes excuses aux supporters, joueurs et dirigeants du SV Diksmuide.

PPPS : le nom de l’actrice, avant qu’on me le demande, c’est Maria Grazia Cucinotta.

Salma Hayek

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Les coups lisses...

Publié le 08/08/2005

C’était un de ces jours d’été comme on en voit seulement en Belgique. Un de ces jours où le soleil brille d’une resplendissante pâleur, ses rayons fatigués ne perçant qu’à moitié l’épaisse couverture blanche de nuages qui semblent prêts à fondre. Tout belge connaît ce type de temps où l’on ne sait trop si l’on doit sortir en t-shirt ou au contraire prendre son imperméable. Un peu comme quand Bangoura se retrouve seul face au but vide et qu’on ne sait pas si l’on doit s’apprêter à bondir de joie ou à le traiter de tous les noms.

Liège vivait paisiblement au rythme de cet automne indien, chacun vaquant à ses occupations sans trop se soucier de l’orage qui éclaterait peut-être. Allongée en bord de Meuse, une grande fille blonde se prélassait, tentant tant bien que mal de bronzer pour séduire encore davantage son fiancé namurois. Un fleuriste rentrait dans son commerce la livraison délicieusement parfumée qu’il venait de recevoir, sifflotant gaiement quelque air d’opéra. Dans la boutique attenante, un barbier entretenait la moustache d’un habitué et un peu plus loin, un couple de touristes étrangers se faisait prendre en photo devant le perron.
À quelques kilomètres de là, à Sclessin, un calme inhabituel régnait au sein de cet immense vaisseau rouge et blanc que nous connaissons d’habitude bouillonnant.

- Sta-bi-li-té, c’est le maître mot, Pierre !
Le petit homme chauve de type méditerranéen qui venait d’articuler méticuleusement ces 4 syllabes était fermement campé sur son fauteuil de bureau dans une posture qui trahissait sa profonde foi en ce qu’il venait de dire.
- Cette fois-ci, c’est la bonne ! renchérit-il, un sourire confiant illuminant son visage.
- Puissiez-vous dire vrai, Lucien, répondit son interlocuteur, un homme dont la chevelure ébouriffée et la barbe de trois jours contrastaient avec le costume aux plis impeccables.
- Allons, allons. Que peut-il nous arriver ? Nous avons fait un deuxième tour brillant et conservé nos meilleurs éléments. Le pessimisme n’est plus de mise…
Accoudé à un appui de fenêtre, Pierre François, regardait au dehors. Bien qu’étant à Sclessin depuis moins longtemps que son patron, il savait que les choses se passaient rarement comme on l’espérait dans le club mosan.
- Nos amis sont en retard…, dit-il après un petit toussotement.
- Ce n’est guère la première fois. Une balle de golf bloquée dans un bunker, sans doute…

Mais quelques minutes plus tard, la Mercedes dans laquelle Roger Vandenstock et Herman Van Holsbeeck avaient pris place se garait devant Sclessin.

- Mais entrez donc, et asseyez-vous ! Mon brave Roger je suis tellement heureux de vous revoir, ça fait si longtemps ! Comment va Kiki ?
- Très bien, merci pour elle. Mais venons-en au fait. Cette saison encore nos deux clubs sont les seuls à pouvoir faire face à la menace brugeoise. Il nous faut une fois de plus faire front, Lucien.
- N’ayez aucune crainte, je suis confiant. Nous serons plus forts que jamais cette saison ! Dexia et l’Union Belge ne pourront rien faire pour empêcher notre retour au premier plan. Nous vous accompagnerons en Champion’s League et les brugeois en seront pour leurs frais !
- Il est exact que vous avez conservé tous vos points forts, intervint Herman Van Holsbeeck.
- Et comment !
- Mais, si je puis me permettre, vous avez aussi conservé votre plus gros point faible.
- Que voulez-vous dire ? interrogea Lucien d’Onofrio, étonné par l’affirmation.
- Eh bien, ne le prenez pas mal Monsieur d’Onofrio, mais sans vouloir remettre en cause les capacités de votre frère, il me semble que…
Alors que le manager anderlechtois tentait de finir sa phrase, Lucien d’Onofrio enfonça du doigt un bouton situé sous son bureau. Aussitôt, deux bras articulés sortirent d’ouvertures pratiquées dans le plafond. L’étrange engin robotisé enfonça des boules Quies dans les oreilles du boss de Sclessin. Au même instant, au dehors, les baffles des tribunes, poussés à leur puissance maximale, crachaient dans un assourdissant vacarme les notes du refrain de Hey Baby.
Après quelques secondes de cet infernal tintamarre, les baffles se turent et Lucien d’Onofrio ôta de ses oreilles les petites boules de coton.
- Excusez-moi, vous disiez ?
- Euh, rien Monsieur d’Onofrio, rien.
Roger Vandenstock tira son subordonné de l’embarras en entraînant la conversation sur des pentes moins glissantes :
- En tout cas, Genk ne nous gênera pas dans la course au titre.
Les deux anderlechtois se fixèrent quelques instants avant d’éclater de rire bruyamment.
Reprenant son sérieux, Roger Vandenstock poursuivit :
- Excusez-nous, Lucien, mais nous n’avons pas ri tous les jours avec Broos alors maintenant que nous en avons l’opportunité… Vous savez ce que c’est que d’être entouré d’incompétents, vous aussi.
Le doigt de Lucien s’approcha à nouveau du bouton situé sous son bureau. Mais il interrompit son geste tandis que Roger Vandenstock reprenait :
- Au fait, où est Michel ?
- En mission de scouting en Australie.
- Ah bon. N’est-ce pas la trêve hivernale pour le moment dans l’hémisphère sud ?
- Si.
- Mais il n’a aucune chance de repérer des joueurs durant la trêve…
- Justement.
- Ah, d’accord je comprends. Dans un autre domaine, vous ne craignez pas de problèmes d’ambiance dans le noyau comme par le passé ?
- Non ! L’ambiance est excellente ! Mon frère Dominique est un fin psychologue. Il n’a jamais commis d’erreur de gestion humaine et est la modestie faite homme. Il est capable de nous offrir ce titre que nous attendons depuis si longtemps.
Herman Van Holsbeeck intervint à nouveau avec tout le sens de l’à-propos d’un gaffeur patenté :
- Oui, enfin, il faudra quand même parvenir à calmer Conceiçao. Voilà qu’il se met à gifler les journalistes à présent !
Lucien d’Onofrio bondit de son fauteuil et entra dans une colère noire :
- Foutaise ! Une guêpe s’apprêtait à piquer Marc Delire et Sergio a simplement voulu la chasser. Marc Delire l’a très bien compris et a d’ailleurs envoyé une lettre de remerciements au club ! Il a été très choqué par la version des faites – totalement erronée bien entendu – narrée par la Dernière Heure. Croyez bien que j’ai dû user de tout mon sens de la diplomatie afin de le dissuader de porter plainte pour diffamation contre cet infâme torchon…
- Vous n’allez tout de même pas nier que Conceiçao soit une brute épaisse ? C’est visible comme le nez au milieu de votre visage !
- Sergio a du caractère, voilà tout. Et à Sclessin, on aime les joueurs de caractère.
- Soit…
À nouveau, Roger Vandenstock apaisa avec brio la situation :
- Nous n’avons rien contre Sergio. D’ailleurs Herman a eu la bonne idée d’apporter un cadeau pour lui.
- C’est exact. Je le lui remettrai en partant ; l’objet est dans le coffre de la voiture.
- Vous m’intriguez, Messieurs. Quel est donc ce cadeau ?
- Une vraie merveille, Lucien ! Une sorte de punching-ball représentant un arbitre. C’est très bien fait, très réaliste. Nous l’avons retrouvé hier par hasard dans le casier qu’utilisait Aruna. Je suis sûr que votre capitaine réservera à cet ustensile l’usage qu’il mérite.
- J’aurais préféré que vous nous offriez une de ces enveloppes que distribuait votre père, répliqua Lucien d’Onofrio, bien décidé à ne plus se laisser faire par qui que ce soit.
- Oh, vous me faites penser qu’il est l’heure d’aller rechercher Papa au club de boxe, sinon il rentrera trop tard au home. Nous… nous allons donc vous laisser, la route est longue !

Mauves et Rouches se serrèrent la main et Roger Vandenstock et Herman Van Holsbeeck quittèrent la pièce :
- Inutile de nous raccompagner, nous connaissons le chemin !

La porte du bureau de Lucien d’Onofrio se referma derrière eux.
- Que leur arrogance peut être insupportable, par moments.
- Tout à fait, Lucien.
Pierre François avait répondu distraitement. Il n’osait le dire mais lui aussi était inquiet de voir Dominique d’Onofrio rempiler pour un an. Un an, au moins…
- L’entraînement doit être fini à présent. N’irions-nous pas rendre visite aux joueurs pour vérifier que Domini… euh, pour leur parler un peu ?
- Si, vous avez raison, Pierre ! La direction doit être proche de ses joueurs. Allons-y !

Arrivés à proximité des vestiaires, ils virent le pauvre Herman Van Holsbeeck allongé par terre, une poche de glace appliquée sur le visage. A côté de lui gisaient les restes d’un punching-ball. L’engin avait été déchiqueté avec une rage animale.
- Eh bien Herman, que vous est-il arrivé ?
- Je… je me suis cogné à une porte, bredouilla le manager anderlechtois.
- Une porte Ugaise™ sans doute ! ironisa Lucien d’Onofrio.

Fier de son bon mot, c’est avec le sourire qu’il pénétra dans les vestiaires. Il parcourut du regard tous ces corps dégoulinant de sueur virile. Et il sentit un sentiment de plénitude le gagner. Il avait devant les yeux les champions de Belgique 2006. Il en était sûr, aussi sûr qu’on puisse l’être.

 

Laurent Moureau

 

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Qui sème le vent ...

Publié le 09/07/2005


Voilà, c'est officiel : Dominique d'Onofrio, l'entraîneur "qui a failli qualifier le Standard deux fois de suite pour l'UEFA" a accepté la proposition qui lui a été faite par Michel Preud'homme et a signé un contrat qui refait de lui l'entraîneur principal des Rouches pour un an.

Ses partisans se réjouiront sans doute de cette nouvelle. Ses détracteurs, dont toutes les personnes sensées et de bonne foi savent qu'ils sont de loin les plus nombreux quoi qu'en disent certains de nos dirigeants, pestent déjà comme on pouvait s'y attendre. Mais parmi tous ceux-là qui hurlent aujourd'hui leur désespoir ou à tout le moins leur déception, combien seront-ils à s'abonner malgré tout? Combien de points engrangés suffiront à leur faire oublier momentanément leur colère?

Si l'on ne peut bien sûr pas critiquer une passion aussi forte qu'inoffensive, on ne peut pas nier qu'un amour aussi aveugle entraîne nombre de répercussions extrêmement négatives. Quelle plus belle caution apporter à la re-nomination de Dominique d'Onofrio que celle de s'abonner? Et ne doutons même pas un instant que les abonnés seront plus nombreux encore cette saison que la saison passée. La campagne européenne ou le test-match contre Genk, où tous se plaignaient des prix prohibitifs avant de céder devant la passion et l'enjeu, n'ont-ils pas montré à suffisance comme le supporter moyen pouvait très vite troquer son habit de protestataire pour sa belle veste rose à fente de cochon payeur?

Bien entendu, l'impulsivité de l'instant est dans le tempérament du passionné comme le fait de suivre le vent est dans celui de la girouette. Mais ce vent justement, qui le sème? Les supporters qui acceptent et pardonnent tout au nom de leur passion ne sont-ils pas responsables tout autant que la direction des nombreux changements de cap et retours en arrière imposés par celle-ci?

Tout cela semble avoir été si savamment orchestré, le retour aux commandes de Dominique d'Onofrio étant annoncé juste à temps pour ne pas laisser le club sans entraîneur pour la reprise des entraînements programmée dans une semaine et juste trop tard pour nuire à la campagne d'abonnement... Tout comme l'annonce de la prolongation de Conceiçao était arrivée juste au bon moment pour calmer tous ceux qui, incrédules et fâchés, râlaient de devoir disputer un test-match pour devoir arracher une qualification UEFA qui semblait pourtant acquise depuis longtemps, et de devoir ainsi effectuer une nouvelle ponction importante dans leur portefeuille.

Notre direction nous a tellement habitués à la propagande, au prosélytisme et aux effets d'annonce qu'on est en droit de se demander à présent si les noms de Gerets et Sollied ont réellement circulé dans les travées de Sclessin ou s'ils ont simplement été lâchés habilement pour faire rêver des milliers de fanatiques. Gerets a-t-il réellement été approché? N'a-t-on pas justement voulu le brûler volontairement aux yeux des supporters rouches en laissant clairement entendre que son amour de l'argent était plus fort encore que son amour du Standard? Je ne l'affirme pas. Mais je vous invite tous à conserver votre esprit critique et à ne pas accepter comme vrai tout ce qu'on vous présente comme ayant l'apparence de la vérité.

Car Dominique d'Onofrio, le "frère de l'autre" (et qu'il n'aille pas croire une nouvelle fois que la minorité de supporters internautes qui se dresse contre lui ne remet ses capacités en doute que pour cette seule raison), est à coup sûr un collaborateur bien plus précieux que n'importe quel entraîneur ambitieux pour l'entreprise d'import-export que le Standard est devenue.
Ceux qui bondissent aujourd'hui de leur chaise à la lecture de ces quelques lignes seront les premiers à les reprendre en choeur lorsque dans quelques semaines Sergio Conceiçao emmènera sous des cieux plus rémunérateurs son contrat de trois ans providentiellement signé lorsqu'il fallait attirer le supporter en masse à Sclessin afin de remplir les caisses une dernière fois.

Libre à chacun bien entendu de faire ce qu'il veut. Que s'abonnent ceux qui souhaitent s'abonner. Mais vous ne m'empêcherez pas de dénoncer ici la bénédiction tacite donnée à des dirigeants que je ne crois plus un seul instant réellement soucieux de l'avenir du club, ni même de son présent. Oh, bien sûr l'amour est aveugle et il pardonne beaucoup. Mais si le mari cocu n'est pas responsable de l'infidélité de sa femme, il le devient lorsqu'il la pousse lui-même dans les bras d'un autre homme. L'amour, la passion, doivent-ils nécessairement entraîner l'acceptation de la douleur, forme passive et lâche d'autodestruction?

Ne me faisant aucune illusion sur le fait que l'indignation actuelle qui suit cette annonce - et qui ne fera que s'amplifier une fois les premiers départs de joueurs annoncés - cèdera comme chaque saison la place à un enthousiasme débordant sitôt le premier grand "nom" embauché pour un an, je vous souhaite d'ores et déjà à tous une bonne saison 2005/2006.

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